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Pourquoi j'ai créé Inner Gallery

L'histoire du premier produit Jungle Labs — un problème tout simple, des apps décevantes, et la décision de construire un coffre-fort photo from scratch.

TL;DR

Les apps de coffre-fort photo existantes demandent un abonnement pour stocker tes photos… en local. Elles intègrent du tracking publicitaire dans une app censée protéger ta vie privée. Inner Gallery est né de cette contradiction.

Je n'avais pas prévu de créer un coffre-fort photo.

Un jour j'ai voulu sauvegarder des images sur mon iPhone sans qu'elles finissent dans Photos ou dans iCloud. Juste en local. Rien de compliqué en théorie.

J'ai cherché sur l'App Store. Il y a des dizaines d'apps pour ça. J'en ai testé plusieurs.

Le problème

Certaines voulaient un email et un mot de passe pour créer un compte. Pour une app locale. D'autres coûtaient 10 $/mois — pour stocker des fichiers sur mon propre téléphone, sans serveur impliqué. Quelques-unes avaient des interfaces qui n'avaient pas bougé depuis des années. Et plusieurs backupaient sur iCloud par défaut, ce qui annulait tout l'intérêt.

Le dossier Caché d'iOS ? Tout le monde sait où il est. C'est protégé par le même code que le téléphone — celui que tu tapes en public tous les jours. Et ça se synchronise sur iCloud.

Ce que je voulais tenait en quatre points :

  1. Photos sur mon appareil uniquement
  2. Chiffrées pour de vrai
  3. Aucun tracking
  4. Pas d'abonnement

Ça paraît simple. Rien sur le marché ne le faisait.

La décision

J'aurais pu laisser tomber et vivre avec. Mais le truc avec les problèmes simples mal résolus, c'est qu'ils ne disparaissent pas. Ils restent en arrière-plan et t'agacent.

Alors j'ai ouvert Xcode.

Nouveau projet SwiftUI. Projet vierge, une règle dès le jour 1 : zéro dépendance externe. Chaque lib tierce est une surface d'attaque potentielle, un truc à maintenir, un truc que je peux pas auditer ligne par ligne. Pour une app qui demande la confiance des gens avec leurs photos, c'est pas un détail.

Tout tourne sur trois frameworks Apple : Foundation, SwiftUI, et CryptoKit. Rien d'autre. Inner Gallery ne communique avec aucun serveur.

Les choix

Chaque décision dans Inner Gallery découle de la même question : est-ce que je ferais confiance à cette app avec mes propres photos ?

Pas de compte utilisateur. Tu ouvres l'app, tu crées un PIN, tu commences. Rien à pirater parce que rien n'est stocké en ligne.

Pas de cloud. Si tu perds ton téléphone, les photos sont perdues. C'est le compromis honnête. L'alternative, c'est tes photos sur un serveur que tu contrôles pas — et ça, c'est un risque bien réel. Les posts Reddit de gens qui ont perdu toutes leurs photos Keepsafe du jour au lendemain en témoignent.

Pas d'analytics. Je sais pas combien de photos les gens stockent. Je sais pas combien de fois ils ouvrent l'app. Je sais rien et c'est voulu. Quand je vois que Keepsafe trackait 6 milliards d'événements via Amplitude — dans une app de privacy — ça me conforte dans ce choix.

Achat unique. Pourquoi facturer un abonnement quand il n'y a aucun serveur ? Inner Gallery a un tier gratuit (2 espaces, 50 médias), et des achats one-time si tu veux plus.

Construire seul

Jungle Labs c'est moi. Un développeur, un studio. L'app fait 6 325 lignes de Swift. C'est petit — et c'est le point. Une personne peut lire, comprendre et auditer chaque ligne.

Les apps concurrentes font des millions par an. Je suis un développeur indie en France. Mais j'ai un avantage que les grosses structures n'ont pas : je n'ai aucune pression pour ajouter du cloud, du tracking ou des abonnements. Je peux juste construire l'app que je veux utiliser.

Et je l'utilise tous les jours.

La suite

Inner Gallery est le premier produit Jungle Labs. D'autres suivront, avec le même ADN : local, chiffré, sans abonnement.

Si ça t'intéresse de suivre le parcours d'un studio indie — les choix techniques, les lancements, les erreurs — c'est sur Twitter/X.


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